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  • Emeline

Pêche à la truite, l’élégance du Tenkara

Mis à jour : janv. 20

Réveillée par les premiers rayons de soleil, c’est de bonne humeur que j’enfile ma tenue sportive pour rejoindre Damien Héran place du Ravelin. Ma tasse de café bue en me remémorant les souvenirs de mon enfance passée en campagne à taquiner les gardons en famille et me voilà en direction de la place du village de St-Rome de Tarn pour une matinée sur les traces de la truite...


En voiture Simone !

Un petit camion blanc estampillé de vert et marron « Pêche Aveyron Émotion » trône sur la place du village. Une belle promesse m’attend. Me voilà impatiente de partir pêcher la truite et de découvrir cette nouvelle technique : le Tenkara. Je me dirige vers le véhicule et voilà Damien qui en sort, le sourire aux lèvres et ravi de faire ma rencontre. Il est 8h et nous voilà en route pour une partie de pêche passionnée dans les eaux limpides du Tarn.


Le Tenkara, mais pas que ! Damien propose aussi des sorties pour découvrir d’autres pêches comme la pêche au Toc aux appâts naturels et nymphes, aux leurres ou aux vairons. Chacun y trouvera son compte !


Avant de se jeter à l’eau...

Quelques kilomètres et discussions plus tard, nous voilà garés, au bord de l’eau, à l’ombre des arbres. Damien me donne mon habit de lumière : waders, lunettes de soleil polarisantes, casquette verte à son effigie et me voilà parée pour crapahuter dans la rivière. Avant de partir sillonner les eaux du Tarn, quelques petites explications sur le cours d’eau et la biodiversité dans laquelle nous allons nous immiscer. Moi qui pensais connaître ce milieu, voilà que j’en apprends plus sur les petites bêtes qui se cachent sous les pierres ou qui nagent à la surface de l’eau. Quelques minutes riches en découvertes et qui permettent de comprendre l’utilisation « stratégique » d’un leurre plutôt qu’un autre en fonction du milieu dans lequel on se trouve ou encore l’importance de ne pas former des barrages pour s’amuser dans la rivière.



“Qui va piano va sano”

Me voilà enfin les pieds dans l’eau ! Ce moment si attendu. Le contact avec la nature. Nous deux. Seuls, au milieu de cette rivière, qui reflète les grands rayons de soleil, et dont le murmure vient sublimer les chants d’oiseaux qui animent cette matinée ensoleillée. Le regard aiguisé de Damien se perd dans l’eau claire du Tarn, à la recherche de son poisson de prédilection : la truite. L’observation est la clé de cette technique. À l'affût, tel un chasseur, il enchaîne les petits pas silencieux à contre-courant pour guetter une truite avant de lancer sa nymphe à quelques centimètres de l’animal.


“Depuis le ciel” : Le Tenkara est une pratique ancestrale japonaise qui signifierait “depuis le ciel” en raison de la façon qu’à la mouche de venir se poser délicatement sur l’eau.


Pêcher avec légèreté

Cette canne, légère comme une plume, sans moulinet, agrémentée d’un guide fil rouge vif et d’une simple nymphe plonge pour la première fois dans la rivière sous l’élégant geste de Damien. Il m’explique et me montre alors les gestes particuliers à adopter dans cette technique ancestrale pratiquée par nos anciens appelée aussi « pêche à la volante ».

C’est fou comme simplicité et technicité n’ont jamais aussi bien rimé qu’en le regardant enchaîner les lancers pour quadriller toute la zone d’eau qui se trouve devant lui dans l’espoir d’attirer une truite.


Un brin de réglementation : classé catégorie 2, la pêche à la truite est limité à 6 prises par jour et par personne sur le Tarn. En amont de St-Rome de Tarn on trouve également une section 1 truite par jour et une section No-Kill ! (Un secret : ce tronçon est réputé pour les poissons trophées…)


À moi de jouer !

Cette fois c’est à mon tour de m’essayer à cette pratique japonaise qu’il définit comme « la plus facile ». À voir si j’arriverai à m’en sortir sans nœuds et sans accros…

J’attrape donc la monture d’à peine 50 grammes. Je place mon index le long de la canne, en direction de son sommet, le coude contre mes côtes, je ne dois jouer qu’avec l’avant bras et le buste. À mes côtés, Damien guide mes premiers gestes. Je lance la canne face au courant, en baissant mon avant-bras, fixe le guide fil qui redescend le courant en ma direction et l’accompagne en tournant mon buste puis relève lentement mon bras lorsqu’il se rapproche de moi. Je répète ces gestes pour quadriller la zone face à moi avant de m’avancer et réitérer ces mouvements.


En apprendre tous les jours : au delà des guides de pêche, chaque été ont lieu des animations pour s’initier, se perfectionner et partager sa passion. Réservés principalement aux enfants, quelques sorties entre femmes sont aussi organisées. Renseignements auprès de la fédération de pêche de l’Aveyron, l’école de pêche ou l’Office de Tourisme Muse et Raspes.



Être curieux avant tout !

Quelques pas plus loin, il s’arrête, soulève une pierre pour me montrer de discrets habitants. Je découvre ici des larves qui se transformeront en éphémères ; ces petits insectes que l’on aperçoit à la surface de l’eau. C’est en soulevant ces galets que l’on peut avoir une idée des leurres adéquats pour la pêche ici. C’est aussi ces mêmes larves qui pourraient servir d’appâts pour attirer les poissons peuplant le secteur. Mais c’est surtout une manière de découvrir l’étendue de la biodiversité de ce milieu encore préservé.


Des petits bêtes… pas si bêtes ! Ces petits insectes à la durée de vie très courte sont le reflet d’une faible pollution lumineuse et chimique. Ils sont très importants pour la rivière, les espèces aquatiques et même les chauves-souris !


“Pêche Aveyron Émotion” tout était dit...

Après quelques heures seulement à arpenter ces magnifiques paysages, c’est bredouilles mais ô combien enrichis que nous regagnons le camion. Cette matinée à la fraîcheur du Tarn, au calme de la nature, m’a beaucoup apporté. Au delà de la découverte de magnifiques paysages et de cette technique très intéressante, c’est avec un nouveau bagage de connaissances que je regagne la rive. Cette belle découverte de quelques heures aura réveillé la passionnée de pêche qui s’était endormie depuis mon enfance et m’a donné l’envie de m’intéresser un peu plus à cette pratique qui peut se révéler si respectueuse de l’environnement.


Les meilleurs spots : Les sorties de Damien Héran sont en général organisées sur une journée complète qui vous permettra de découvrir les plus belles rivières du Sud Aveyron. Amoureux de la nature, il vous fera découvrir beaucoup plus qu'une simple technique dans ces lieux magiques...

Pêche Aveyron Émotion, Damien Héran, 06 19 10 66 47.

Crédits photos : ©D.BEC_OTMuseRaspes



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